Améliorer la structure du contenu IIIF avec l’édition de sections

Article invité par : Paul Mollahan, Services Director, Digirati
Cet article, qui présente le travail collaboratif entre Digirati et le RCDR visant à développer des fonctionnalités d'édition de sections pour le IIIF Manifest Editor de Digirati, est paru à l’origine sur Medium en anglais le 2 décembre 2025. Le RCDR utilise les standards IIIF et le Manifest Editor de Digirati, parmi des autres outils, pour fournir et maintenir les collections et l'infrastructure Canadiana.
Tous les liens dans cet article sont en anglais uniquement.
La dernière version de l’application IIIF Manifest Editor de Digirati est sortie à la fin de novembre, après l’achèvement d’un nouvel environnement d’édition de sections (Range Editor workbench). Cette version comprend aussi une optimisation importante de l’utilisabilité, dont une interface revue pour la création et l’édition d’annotations ainsi qu’une série d’améliorations à l’outil Exhibition Editor.
Qu’est-ce que l’édition de sections?
L'environnement d’édition de sections permet de définir visuellement des sections IIIF, qui servent à créer une structure au sein d’un objet numérisé au-delà de l’ordre standard de représentation du contenu dans le manifeste. Le plus souvent, ces sections (Ranges) sont une table des matières, qui aide les utilisateurs à trouver le contenu numérisé de manière logique et accessible.
Développement du concept
Le développement de l’environnement d’édition de sections s’est fait en collaboration avec notre partenaire, le Réseau canadien de documentation pour la recherche (RCDR). Les idées de départ pour la création et la gestion des sections ont été développées en parallèle avec les fonctionnalités d’édition en masse l’an dernier.
Le RCDR a évalué leurs exemples d’utilisation, puis au début de l’année, nous avons mené un sprint de conception durant lequel un prototype des concepts a été mis au point sous forme de maquette structurelle et de HTML interactif. Le chevauchement potentiel et la relation entre la création d’une table des matières pour naviguer dans le contenu et les activités d’édition en masse — telles que le changement de position d’un ou plusieurs canevas (Canvas) (p.ex. lorsque l’ordre d’un chapitre dans les pages numérisées d’un livre est incorrect) ou la mise à jour du contenu numérique en entier (comme la mise à jour de tous les numéros de pages ou de feuillets) — ont été explorés afin de déterminer comment ces processus de travail distincts mais liés pourraient entrer en interaction.
Le prototype interactif fonctionnel s’articulait autour de l’utilisabilité de l’édition de gros manifestes, où il peut y avoir des centaines voire des milliers de pages à travailler en même temps. L’efficacité de chargement des vignettes représentant les canevas (il peut s’agir des pages d’un livre, des images de pages de journaux) soulevait de grandes préoccupations, tout comme la réactivité des différentes actions appliquées au contenu.
Les prototypes ont été examinés en collaboration et plusieurs séries de tests d’utilisabilité ont eu lieu, ce qui a mené à des ajustements et des modifications. Les tests avaient pour objectif principal de bien comprendre comment les utilisateurs interagissaient avec les principales fonctionnalités en place, puis d’effectuer des tâches à partir des fonctionnalités d’édition en masse et d’édition de sections.
Dix personnes ont pris part aux tests, soit quatre utilisateurs expérimentés et six personnes qui découvraient à la fois l’application Manifest Editor et le cadre IIIF. Les tests ont eu lieu via la plateforme Maze, qui a enregistré et analysé les actions des utilisateurs.
L’analyse des résultats a permis de dégager des tendances. Les retours d’information et les observations ont servi à formuler des recommandations pour améliorer l’utilisabilité de l’éditeur afin de le rendre plus intuitif et de faciliter la découverte des fonctionnalités.
Développement de l’éditeur de sections
Après le sprint de conception, nous avons commencé l’activité de développement de l’architecture technique. Pour le développement et la mise à l’essai des fonctions de l’éditeur de sections, nous avons examiné comment les sections sont utilisées dans le contenu IIIF déjà publié. Nous avons passé en revue les sections actuellement possibles dans les autres outils IIIF de visualisation et d’édition afin d’établir un point de départ pour ce que l’éditeur devrait soutenir au-delà de la simple interprétation des spécifications IIIF.
Nous avons constaté une variété d’interprétations, qui ne semblent pas toutes valides selon la spécification. Au départ, nous nous sommes demandé si l’outil devait « corriger » ces sections, mais après quelques tentatives, nous avons adopté une méthode simple. Si les sections en place sont invalides, l’outil devrait permettre aux utilisateurs de facilement les supprimer et d’en définir des nouvelles s’ils veulent les mettre à jour.
Nous nous sommes aussi longuement penchés sur un autre défi, soit la façon dont la création et la modification de sections pour un manifeste IIIF devraient interagir avec les autres activités d’édition. À tout moment, il peut falloir apporter des changements structurels à un manifeste, tels qu’ajouter des pages manquantes ou réorganiser l’ordre du contenu en raison d’omissions ou d’erreurs lors de la numérisation.
Ainsi, au lieu d’essayer que l’éditeur de sections soit informé des changements pour qu’il se mette à jour automatiquement, il était plus intuitif et pratique de laisser les utilisateurs mettre eux-mêmes à jour les sections.
Le développement de l’application s’est déroulé en quelques phases, ce qui a permis aux utilisateurs de la tester et de donner leur avis pendant la mise en œuvre. Le RCDR a réuni un groupe d’utilisateurs pour participer à d’autres tests formels, pendant que nous avions d’autres partenaires du Manifest Editor qui menaient des tests d’utilisabilité dont l’équipe de la Delft University of Technology qui a bâti des tables des matières modèles pour les livres numérisés de sa collection.
Les résultats de ces tests ont aussi contribué à façonner et à simplifier certains aspects des fonctionnalités, comme améliorer les commandes pour structurer et réorganiser le contenu et améliorer les indications pour aider les utilisateurs à s’y retrouver.
Prochaines étapes
Le RCDR envisage actuellement de nouvelles façons de rendre ses collections plus faciles à parcourir et plus accessibles aux chercheurs et au grand public, notamment par la mise à l’essai d’une table des matières qui a été ajoutée à une première collection. (Note de la rédaction : pour en savoir plus, consultez l'article Science Dimension (1969–1984) : À la recherche de preuves de la présence des femmes dans le domaine des STIM sur « L'échange du savoir ».)
Nous avons identifié plusieurs éléments à ajouter à la liste de développements futurs de l’application Manifest Editor; nous y reviendrons une fois que nous aurons eu d’autres impressions des utilisateurs ou des demandes de fonctionnalités supplémentaires.
La documentation utilisateur pour le Range Editor est prête et sera enrichie à mesure que nous aurons des commentaires et que nous évaluerons d’autres exemples de la communauté. Nous avons hâte de découvrir ce que pensent nos utilisateurs de l’outil et de voir comment les sections facilitent leur accès au matériel numérisé et les aident à s’y retrouver.
La dernière version du Manifest Editor se trouve à la page https://manifest-editor.digirati.services et elle est accessible via le portail IIIF Cloud Services pour les abonnés de ce service.

Paul Mollahan
Paul Mollahan est Services Director à Digirati. Il est responsable de la gouvernance et de la direction d'un nombre de produits à code source libre, ainsi que d'une série de projets que l'équipe de Digirati développe et réalise dans le domaine du patrimoine culturel.