Améliorer la découvrabilité des archives des externats : vérité, réconciliation et pratique archivistique
Le Projet des externats est une initiative de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui vise à numériser et à décrire les documents d’archives relatifs au système fédéral des externats indiens et à son héritage, ainsi qu’à en accroître la découvrabilité. Se déroulant de 2022 à mars 2026, il s’agit du deuxième projet de numérisation de masse multirégional en importance et l’un des plus complexes entrepris par BAC, englobant jusqu’à six millions de pages de documents créés principalement par l’ancien ministère des Affaires indiennes et les organismes qui l’ont précédé.
Dans cette présentation, Brianne et Beth examinent comment le projet gère les tensions entre les systèmes d’archivage coloniaux et les appels à la vérité et à la réconciliation. Les documents, qui couvrent une période allant du 19e siècle aux années 2000, ont été créés à des fins administratives et reflètent les priorités fédérales, les systèmes de classification et les visions coloniales du monde plutôt que les expériences vécues par les enfants, les familles et les communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis touchés par le système des externats. En conséquence, ces documents obscurcissent, dépersonnalisent ou fragmentent souvent l’expérience humaine.
Les présentatrices abordent les défis pratiques et éthiques liés à l’amélioration de l’accès pour les survivants, leurs familles et les chercheurs, tout en travaillant dans le cadre des structures d’archivage existantes. Elles mettent en avant les stratégies développées par l’équipe du projet, notamment l’amélioration de la description au niveau des fichiers qui identifie les types de documents, les noms des écoles et des communautés, les emplacements géographiques et la présence des noms des élèves ou du personnel. Ces interventions descriptives visent à combler le fossé entre les documents créés par le gouvernement et les personnes qu’ils documentent, sans surinterpréter les systèmes d’archivage coloniaux.
En situant le projet sur les externats dans le cadre plus large des discussions du secteur GLAM, cette communication présente la réconciliation comme une pratique archivistique continue en soi.